Nom d'artiste
BRUNEL Marie-France
Techniques employées
Peinture acrylique sur toile, papier; collages, encre, aquarelle, craies, crayon, fusain
Biographie
Née d’un père souffleur de verre, Marie-France Brunel a grandi dans un univers de transparence et de lumière dont son oeuvre gardera l’écho. Elle infuse les valeurs de l’artisan, le goût de l’indépendance mais aussi la noblesse du travail de la matière, lorsqu’on l’effectue avec intelligence et coeur. C’est tout naturellement qu’elle grandit avec un crayon en main, dessinant tout ce qu’elle voit. Jeune femme, elle décide d’éduquer sa passion en suivant les cours intensifs des Ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris, rue de la Glacière. L’intérêt que lui porte Gonzalo Belmonte, l’un des responsables, la persuade d’embrasser la profession de peintre. L’art devient alors pour elle un jardin qu’elle cultive assidûment à la recherche d’elle-même, pour y cueillir ces fruits d’extase qui sont la seule vraie réalité. La plénitude et la sincérité de sa peinture, tout comme l’effet bienfaisant qu’elle procure à ceux qui la regardent, sont remarqués dans les salons où elle expose et lui vaudront plusieurs fois des médailles. Trop indépendante pour se lier avec une galerie, elle préfère exposer dans les manifestations ponctuelles organisées dans son quartier.
Dégagée de toute ambition carriériste, Marie-France Brunel ne s’est jamais souciée d’imiter quelque peintre à la mode, même si elle a mis ses pas dans ceux des Maîtres à l’époque de sa formation. A l’inverse, nombreuses sont les inspirations qui entrent en résonance avec sa peinture. La générosité paisible d’Ingres, la simplicité distinguée de Manet, le sens de l’humain qu’expriment les tableaux de Brueghel et les gravures de Goya… Elle aime les émaux de Bernard Palissy, la stylisation raffinée de Matisse, les cadrages très personnels des Impressionnistes, mais aussi l’onirisme d’Odilon Redon et des Préraphaëlites: ”Ophelia Floating” de Millais est l’un de ses tableaux-cultes, avec les Nymphéas de Monet.
On voit bien où la peinture de Marie France Brunel situe ses contours et son centre de gravité: les paysages du coeur. Traversée presque à son insu par le Japonisme et avec un vocabulaire 100% occidental, elle parle du lien avec la Nature, de l’intime émotion qui nous saisit lorsqu’on s’allonge dans un pré en fleurs, l’ombre amicale d’un bosquet sous un ciel pommelé, le jaillissement mystérieux de roseaux sur un lac trouant la forêt ombreuse… Chaque toile est le fruit d’une émotion qu’elle veut partager. Le Douanier Rousseau n’est pas loin, les peintres asiatiques sont plus proches encore, dans leur souci de rendre un paysage à travers l’émotion qu’il procure.
“Les parfums de la vallée imprègnent les habits, la vue des fleurs emplit les yeux de larmes, mieux vaut boire l’eau du torrent que courtiser les grands” écrivait Wang Wei, le grand peintre et poète de la cour des T’ang, fondateur de l’Ecole du Sud. Comme les paysagistes d’Extrême-Orient, Marie-France Brunel croit au geste sûr plus qu’aux repentirs laborieux, car il prolonge l’élan du coeur sans quoi rien n’est possible. Comme eux, elle méconnaît la perspective et obtient des rapports singuliers en jouant sur les différences de tailles. Comme eux, elle accorde une importance capitale au jeu des vides et des pleins, vides tout en présence et pleins vibrant de vie. Comme eux, elle a le sens du bonheur et de la plénitude, à commencer par celui qui l’envahit lorsqu’elle mélange les supports (papier chiffon, papier de riz, papier de mûrier…) pour jouer sur le grain des textures avant de gratter, projeter, essuyer, frotter… Ses compositions parlent des éléments, l’air, l’eau, alternant transparences et tons rabattus dans une architecture solide que traversent des fleurs comme autant de joyaux. Ici, des poissons semblent flotter dans l’air, là, d’opulents bougainvillées cloutent la fragilité d’un ciel d’aube. Tantôt le spectateur a chaud, tantôt il frissonne: toujours, l’émotion est là, et elle agit sur les cinq Sens.
En Chine, il est de nombreuses histoires à propos de tableaux où les peintres se promènent. Marie-France Brunel ne fait pas exception. Véritables festins de couleurs, ses paysages englobent souvent une femme aux yeux mi-clos, aérienne et terrienne à la fois, émergeant de la Nature comme un second paysage dans le paysage et entourée de fleurs qui dansent. Cette rêveuse émerveillée, c’est elle. Charles Robert
Formation
Ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris
Localisation
Montmartre - 75018
Internet
Email : écrire
L'agenda de BRUNEL Marie-France
jeudi 8 décembre, 10:00 - mercredi 29 février 2012, 18:00
Exposition "Transparences" à L'Hôpital Bretonneau
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